Dans un contexte marqué par des inégalités de genre persistantes, les femmes jouent un rôle essentiel dans l’agriculture, contribuant de manière significative à la production alimentaire. En Haïti, bien qu’elles participent à toutes les étapes du processus de production, elles restent souvent marginalisées et font face à des contraintes socio-économiques freinant leur potentiel.
Cette étude examine les disparités entre les exploitations agricoles dirigées par des femmes et celles dirigées par des hommes, à partir d’un échantillon de 252 exploitations (126 pour chaque genre) situées dans cinq communes des départements du Sud et de l’Artibonite. Ces exploitations, spécialisées dans la production de céréales et légumineuses, ont été analysées à l’aide de statistiques descriptives, de tests du Khi2 et de tests de comparaison de moyennes.
Les résultats montrent que les exploitations dirigées par des femmes sont désavantagées en termes de taille, d’accès à l’irrigation, à la mécanisation et aux semences de qualité. De plus, les agricultrices sont moins formées au métier d’agriculteur et bénéficient rarement de projets de développement, ce qui pourrait s’expliquer par des responsabilités domestiques limitant leur disponibilité pour les formations agricoles. Une discrimination dans l’accès aux ressources et aux formations est également plausible, les projets agricoles en Haïti intégrant rarement la dimension genre.
En termes de performance socio-économique des exploitations agricoles, aucune différence significative n’a été constatée dans les revenus agricoles et non agricoles moyens ni dans la situation de sécurité alimentaire et nutritionnelle. Pour réduire ces inégalités observées, il est recommandé de renforcer l’accès des femmes aux ressources agricoles clés, comme les semences de qualité et les équipements mécanisés, et de promouvoir leur formation professionnelle dans le secteur agricole.
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