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Le concept d’État fragile, dont on qualifie des pays comme Haïti, est utilisé pour caractériser une instabilité politique. L’auteure argumente que cette forme de classement s’inscrit dans une logique colonialiste où les états dits fragiles seraient simplement défectueux par rapport au modèle libéral démocratique occidental. Le féminisme décolonial propose une déconstruction de ce genre de termes issus d'idéologies coloniales, ce qui permettrait à ces états d’analyser leur histoire et de penser leur société d'après leur situation singulière.
D’après les données recueillies en lien avec les violences spécifiques faites aux femmes en Haïti de juillet 2009 à juin 2011, 3098 cas de violence ont été répertoriés dans quatre départements, dont 28% concernent des hommes et 72%, des femmes. On aborde notamment l’évolution du nombre de cas de violence enregistrés, qui se sont révélées être majoritairement physiques.
En Haïti, les inégalités entre les sexes posent d'importants obstacles au développement. Après avoir dressé un état des lieux des discriminations dont les femmes sont victimes, on détermine les buts, les enjeux et les avancées du ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF) entre 2004 et 2006. On propose ensuite des recommandations telles qu'une plus grande alliance entre le MCFDF, les autres institutions de l’État, les organismes internationaux, les ONG et les organisations de femmes.
En Haïti, la violence et l'extrême pauvreté sont exacerbées par les catastrophes naturelles ainsi que par une certaine acceptation culturelle de « l'infériorité des femmes » qui s'illustre par un grand nombre de mères élevant leurs enfants seules. La monoparentalité et la matrilocalité féminine caractérisent les familles haïtiennes dans les environnements urbains à faible revenu. Cette recherche ne s'intéresse pas à l'isolement des femmes, mais plutôt aux relations entre les sexes. Elle prend en compte les valeurs et les postures au sein de ces relations et dans divers contextes interactifs, à la fois des femmes et des hommes. Elle porte sur les inégalités, les interdépendances, les solidarités et les conflits qui modulent ces relations ambiguës et ambivalentes, construites socialement et culturellement à travers la vie quotidienne.
La montée du protestantisme dans la société haïtienne s’avère un phénomène socioculturel qu’il importe d’analyser en lien avec les choix des femmes en matière de contraception et de procréation. En effet, alors que les églises protestantes s’opposent aux moyens contraceptifs, les autorités haïtiennes ont entrepris une campagne visant à réduire la fécondité des familles. Toutefois, les églises protestantes sont divisées entre la tradition libérale liée à la pratique baptiste, et la tradition conservatrice liée à la pratique pentecôtiste. Au travers d’entrevues avec des femmes pratiquantes, l’auteure vérifie si, malgré la forte présence d’informations sur les moyens de contraception, les églises baptistes ou pentecôtistes ont influencé les pratiques et les choix des femmes en matière de fécondité.