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En Haïti, la violence et l'extrême pauvreté sont exacerbées par les catastrophes naturelles ainsi que par une certaine acceptation culturelle de « l'infériorité des femmes » qui s'illustre par un grand nombre de mères élevant leurs enfants seules. La monoparentalité et la matrilocalité féminine caractérisent les familles haïtiennes dans les environnements urbains à faible revenu. Cette recherche ne s'intéresse pas à l'isolement des femmes, mais plutôt aux relations entre les sexes. Elle prend en compte les valeurs et les postures au sein de ces relations et dans divers contextes interactifs, à la fois des femmes et des hommes. Elle porte sur les inégalités, les interdépendances, les solidarités et les conflits qui modulent ces relations ambiguës et ambivalentes, construites socialement et culturellement à travers la vie quotidienne.
En Haïti comme ailleurs, la santé des femmes pendant la grossesse, l'accouchement et la période post-partum reste un déterminant très important du développement familial, éducatif, économique et environnemental. Une des clés de la santé maternelle reste la planification familiale, qui offre aux femmes haïtiennes vivant dans un milieu rural le moyen de concilier leurs rôles familiaux et communautaires, d'espacer les naissances des enfants et de décider du moment de leurs grossesses. Ceci permet aux femmes et à leurs enfants d'avoir une meilleure qualité de vie et de se consacrer plus facilement aux labeurs agricoles. Cette thèse rend compte des avancées des soins infirmiers et propose des recommandations quant à leurs poursuites.
En dépit d’une féminisation de la population étudiante, notamment dans les universités privées haïtiennes au cours des 20 dernières années, le corps académique et administratif reste profondément marqué par une ségrégation sexiste. En se basant sur les modèles développés par Marry et Le Feuvre, on soutient que ce déséquilibre a un fondement sociohistorique qui se manifeste à travers la représentation sociale du genre et les modes de fonctionnement organisationnel. L’enjeu demeure une université haïtienne ancrée dans un dirigisme masculin en absence de toute ouverture à une réforme centrée sur des valeurs d’inclusion, de diversité et d’égalité. En revanche, la présence significative des femmes dans des postes de carrière à l’université servirait de modèle pour les plus jeunes et ouvrirait de nouvelles perspectives académiques à la fois porteuses d’opportunités et favorables à une société inclusive, juste et égalitaire.
Le féminisme est à la croisée des chemins : la réforme juridique et les changements culturels semblent en retard par rapport au mouvement féministe haïtien. Que penser des effets de la politique étrangère et du contrôle de l'État sur la vie des femmes? Que penser du rôle de l'État quant à la sécurité des femmes dont la vulnérabilité demeure la conséquence de leur situation économique et des préjugés culturels? Les progrès resteront minimes sans engagement de l'État à éliminer ces préjugés, sans agenda féministe formel et sans implication des communautés.
L'objectif principal de ce travail est de comprendre le rôle des femmes rurales participant au mouvement paysan de Papaye dans le développement communautaire des zones rurales d'Haïti. Les femmes membres de cette organisation ne semblent pas victimes de discrimination ou de violence au sein du mouvement. Elles participent à toutes les activités et occupent toutes les places à l'intérieur ou à l'extérieur de l'organisation. Elles ont une bien meilleure situation financière que d'autres qui ne sont pas membres. Il semble donc que la participation des femmes au sein d'une structure communautaire organisée leur permettrait de se développer, de mieux comprendre et défendre leurs droits, contribuant ainsi au développement de leur communauté et à la réduction de la pauvreté dans les zones rurales d'Haïti.