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Liée à l’instabilité politique et sociale ainsi qu’aux stéréotypes culturels, les violences de genre ont empiré après le séisme de 2010. Toutefois, le séisme a permis d'accroître l’attention portée à ce problème par la communauté internationale. Même si la justice pénale haïtienne est insuffisante, créant ainsi un haut taux d’impunité, les acteurs, actrices internationaux et nationaux s’accordent pour affirmer que l’État devrait être l’entité responsable de l’assistance juridique. Toutefois, le système en place reste fragile, en témoignent le manque d’habiletés et de moyens, l’inefficacité, la mauvaise gestion et les discriminations qui perdurent. La question persiste à savoir si des organisations pourraient permettre à l’État haïtien de bénéficier de leur savoir et expérience en accompagnement légal de victimes de violences de genre.
Les actes de violation des droits humains commis envers les femmes lors du soulèvement politique de 1991 doivent être différenciés de ceux commis envers les hommes. On explique ici que les viols sont des violences spécifiques envers les femmes et qu’ils ne sont pas seulement dus au contexte politique de cette période. Les femmes sont plus vulnérables et nécessitent donc une plus grande protection, non seulement par l’application de lois qui les défendent, mais aussi par un changement des normes sociales. Il ne s’agit donc pas uniquement de renverser le pouvoir politique, mais aussi de remettre en cause la domination masculine ancrée dans les croyances de la société haïtienne.
À partir d'enquêtes effectuées auprès des ménages haïtiens, on montre comment celles-ci contribuent en fait au manque de connaissances sur les relations de genre. On souligne la mauvaise représentation ou l’absence du travail non rémunéré, de la conciliation avec le travail rémunéré, de l’accès aux moyens de production, de l’autonomie financière et de la consommation. On conclut que les enquêtes devraient évaluer les questions pertinentes concernant les interrelations entre les sexes à l’intérieur des ménages, et ce, dans toutes les classes de la société haïtienne.
En 2007, environ 100 000 filles mineures travaillaient comme domestiques en Haïti. Souvent issues de milieux défavorisés, ces jeunes filles se trouvaient dans une situation de dépendance totale les rendant vulnérables aux violences physiques et sexuelles. On estime qu’environ la moitié des viols déclarés concernent des mineures. Déjà marginalisées, la stigmatisation dont elles souffrent les isolent encore plus. Selon Amnistie internationale, il s’agirait d’une forme d’esclavage moderne, où les jeunes filles sont privées de tous leurs droits. En parallèle, une véritable traite des personnes serait organisée à l’intérieur du pays, où les recruteurs visent les familles pauvres et nombreuses en espérant leur soutirer des jeunes filles.
Les femmes enceintes atteintes de prééclampsie à Port-au-Prince ont signalé des retards importants dans l'accès aux soins obstétricaux d'urgence. De nombreux retards sont dus à des soins prénatals de mauvaise qualité, qui ne parviennent pas à dépister, traiter ou éduquer les femmes de manière appropriée. Des améliorations devraient être apportées à l'éducation et à la supervision des prestataires de soins prénatals ainsi qu'à l'accessibilité des services d'urgence dans les hôpitaux publics de Port-au-Prince.