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Depuis la parution des premiers romans haïtiens, il est question du besoin de démocratie et du rôle des femmes dans la lutte pour l’atteindre. L’auteur analyse différents romans en parallèle avec la situation politique du pays. Il note la présence de frères comme protagonistes, mais aussi celle de femmes et de leur mère au second plan. Les femmes qui agissent au second plan auraient souvent pu être d’une grande aide pour les protagonistes. Différents schémas s’articulent entre les personnages et l’auteur porte une attention particulière aux rôles en fonction du genre et comment ceux-ci évoluent selon l’époque et la situation politique.
À partir d’un cas clinique, on analyse les grossesses nerveuses, les pedisyòn en créole, chez les femmes haïtiennes, leurs liens avec les croyances religieuses et socioculturelles et les clivages qu’elles créent dans la psyché. Mystérieuses, ces grossesses sont à la fois un impératif et un miracle permettant à une femme de remplir son rôle de procréatrice, alors que l’infertilité est une malédiction dans la culture haïtienne. On met aussi en lumière trois aspects des pedisyòn, soit la souffrance psychique réelle, le désir d’enfant et les bénéfices que pourraient en dégager une femme. Les entretiens avec la patiente étaient orientés autour des impacts de croyances culturelles et religieuses et de comment le corps semble servir d’appui à la projection d’une souffrance.
L'auteure attire l’attention sur le paradoxe de la représentation littéraire de la femme chez les écrivains caribéens : elle est admirée dans les poèmes, mais négligée dans les romans, les personnages féminins n’y occupant que des rôles secondaires. Elle se penche sur les ouvrages de Frédéric Marcelin et analyse les personnages féminins en argumentant qu'il est un précurseur dans la littérature caribéenne avec ses représentations féministes.
Les engagements politiques pour contrer les inégalités entre les femmes et les hommes ne suffisent pas à faire avancer les choses. La barrière sociale dans le milieu administratif fait perdurer des discriminations et préjugés sexistes, tandis que les actions et représentations sociales des acteurs diffèrent de leurs engagements. Les institutions n'intègrent pas la dimension genre dans leur organisation. L’auteure suggère l’application de mesures concrètes plutôt que de se reposer sur la volonté intrinsèque des acteurs politiques.
L’article synthétise une série de réflexions analytiques portant sur l'incidence de la sphère familiale dans le choix de carrière et dans l'insertion socioprofessionnelle des femmes. En posant l'hypothèse selon laquelle l'unité familiale est une médiatrice inévitable entre la macrostructure (institutionnelle et culturelle), d'une part, les comportements économiques et les résultats des femmes sur le marché du travail, d'autre part, l’auteur montre que les espaces familiaux et occupationnels peuvent contribuer à la segmentation des opportunités d'acquisition de capital humain et d'emplois selon le genre des individus.