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La Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) surveille la situation générale en Haïti depuis plus de 40 ans. Au cours de cette période, le peuple haïtien a été confronté à de nombreuses difficultés, notamment à une pauvreté profondément enracinée, à l'instabilité politique, à la violence et à de graves violations des droits de la personne, dont les conséquences ont été dévastatrices pour le développement social, politique et économique du pays. Le but de ce rapport est de mettre en évidence la situation alarmante de la violence et de la discrimination envers les femmes, soit plus de la moitié de la population haïtienne, comme une question fondamentale de droits humains.
La vulnérabilité est un concept central de l'aide humanitaire. Il comprend les vulnérabilités inhérentes aux individus (par exemple, être une femme ou avoir un handicap) et les vulnérabilités situationnelles liées à des circonstances particulières telles que le fait d'avoir un moins bon accès aux soins de santé ou de la difficulté à combler les nécessités de base. Cet article explore comment les interventions humanitaires pourraient équilibrer la réponse aux vulnérabilités aiguës et la modification des contextes systémiques et préexistants qui sous-tendent les vulnérabilités à la suite d'une grave catastrophe.
La violence sexiste n'est pas un phénomène nouveau en Haïti. Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a une fois de plus mis à nu la vulnérabilité des femmes et des filles haïtiennes à la violence sexiste ainsi qu'aux possibilités limitées pour elles de trouver une réponse judiciaire appropriée. Les études de cas menées dans le cadre de cette recherche ont mis en lumière les obstacles auxquels sont confrontées les femmes à chaque étape du processus judiciaire. On y présente aussi les réponses associatives développées ainsi que certaines recommandations.
Cette thèse doctorale met en lumière que les femmes, qui représentent plus de 50% de la population, constituent le groupe le plus touché par la pauvreté en raison d’inégalités d’accès à l’éducation, à l’emploi et aux soins de santé. L’étude se concentre sur le rôle des ONG de la diaspora haïtienne dans l’autonomisation des femmes. Basée sur les théories féministes et de l’autonomisation, elle utilise une méthodologie qualitative avec des entretiens par courriel auprès de 17 participantes. Les résultats indiquent que ces ONG apportent un soutien significatif en matière d’éducation, de formation professionnelle et de microcrédit, mais peinent à atteindre la durabilité faute de ressources, de partenariats solides et d’appui gouvernemental. Les participantes estiment que l’autonomisation des femmes est essentielle à la lutte contre la pauvreté, mais soulignent des obstacles tels que le patriarcat culturel, le manque de financement et de débouchés professionnels. L’étude recommande des politiques publiques plus inclusives et un renforcement des partenariats entre gouvernement, ONG internationales et ONG issues de la diaspora haïtienne afin d’assurer un changement social durable.
À la suite du tremblement de terre du 12 janvier 2010, le gouvernement haïtien menait une ambitieuse évaluation des besoins post-catastrophe (PDNA) en vue de la reconstruction. Cependant, ce PDNA n’abordait pas les questions de genre. Avec ce rapport, le Collectif Haïti Égalité voulait fournir le contenu manquant afin que la perspective de genre soit intégrée dans la planification de la reconstruction à chaque étape : évaluation, planification, mise en œuvre, suivi et évaluation. En effet, pour vaincre la discrimination sexuelle, il faudrait mettre en œuvre une structure politique et juridique qui respecte les droits fondamentaux des femmes, y compris leurs droits sociaux et économiques. Leurs contributions politiques et communautaires de même que leur travail de soin doivent être reconnus et soutenus. C’est là le seul moyen de reconstruire Haïti sur une base plus équitable.