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Madeleine Sylvain Bouchereau est l'une des premières féministes haïtiennes. La famille Sylvain valorisait l’éducation et le changement social. C’est grâce à ce parcours qu’elle deviendra l'une des fondatrices de la Ligue féministe d’action sociale, la première organisation féministe haïtienne. On lui doit plusieurs acquis dont les femmes profitent encore aujourd’hui, notamment le droit de vote.
Les adolescentes des milieux à faibles ressources sont responsables de plus de 7,3 millions de naissances par an. Cette étude examine les grossesses non planifiées d'adolescentes dans le bidonville de Cité Soleil en Haïti. De ces adolescentes, 94 % ont cité « Banm prèv » comme étant la cause de leur grossesse non planifiée, ou, traduit en français, « Donnez-moi une preuve ». Banm prèv décrit l'approche que font des hommes auprès d'adolescentes pour leur exiger une preuve de leur virginité. Phénomène subtil et incontesté soutenu par des normes de genre préjudiciables, Banm prèv constitue un choix illusoire pour des adolescentes cédant ainsi de façon non consensuelle le contrôle sur leur corps. Les grossesses non planifiées qui en résultent entraînent chez elles culpabilité, honte, stigmatisation, dépression, anxiété et traumatisme.
Le mouvement féministe en Haïti a toujours perduré malgré l’instabilité politique du pays. Aujourd’hui, il existe plusieurs organisations et groupes de femmes qui luttent pour des valeurs communes, dont la liberté, l’égalité, l’autonomie, l’inclusion et la justice sociale. Malheureusement, les secteurs dominés par les hommes camouflent les revendications des femmes et elles y sont mal comprises. L’auteure discute de l’antiféminisme et de ses différentes manières de dévaloriser le mouvement.
Les paysannes haïtiennes migrant vers Port-au-Prince deviennent souvent des travailleuses domestiques et les femmes qui les emploient peuvent alors migrer à l’international. Celles-ci se dirigent souvent vers la France, où elles deviennent aussi travailleuses domestiques, permettant à d’autres femmes de se maintenir sur le marché du travail. À partir du féminisme matérialiste et de la sociologie clinique, l’auteure analyse le système d'oppression qui se manifeste dans cette chaîne de migration et de travail, qui est accentué par la mondialisation néolibérale. Ces rapports sociaux, de race et de classe s’articulent entre le travail domestique et non domestique, entre femmes employeures et employées ainsi que dans la migration nationale et internationale.
Avant le coup d'État de 1991, les droits humains et le féminisme étaient rarement mentionnés dans le même souffle en Haïti. Le concept de droits humains avait jusque-là reçu un large soutien, tandis que le féminisme et les droits des femmes étaient souvent traités comme des préoccupations marginales. Les 29 ans de dictature sous Duvalier père et fils (1957-1986) ont été perçus sous la lorgnette de la répression politique et des violations des droits humains, mais rarement à travers une perspective sexospécifique. Depuis que la violence à l'égard des femmes a commencé à être acceptée comme une préoccupation relative aux droits humains, l'opposition publique à celle-ci s'est accrue, les organisations de défense des droits humains ont accepté de l'adopter comme un problème et l'État a subi l’influence du mouvement des femmes haïtien, en particulier de son approche des questions de violence.