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Dans cet article, l’auteure postule qu’un modèle de développement qui se veut inclusif permettrait d’éviter des écueils futurs dont l’instabilité politique ou de criantes inégalités, comme c'est le cas aujourd’hui en Haïti.
Malgré les progrès du système judiciaire, d’importantes failles demeurent. Parmi celles-ci, la grande vulnérabilité des femmes et des filles à la traite de personnes et à la prostitution, vulnérabilité qui s'est accrue avec la présence de 5 000 membres des Casques bleus. Étant donné leur court séjour en Haïti, il s’avère pratiquement impossible de les voir condamnés. Ils jouissent donc d’une pleine immunité.
L’importance du féminisme haïtien est plutôt méconnue à l’extérieur d’Haïti. Les images sensationnalistes diffusées dans les médias de masse ont en effet marqué et teinté les esprits, souvent de façon à passer sous silence les luttes féministes haïtiennes. La nature, l’histoire et les forces de ce mouvement sont abordées, de même que les obstacles rencontrés, notamment ceux en lien avec l’aide étrangère à la suite du séisme de 2010.
Il est possible de se rendre compte des rapports de sexe, de classe et de race dans l'attribution de la parole lors de débats électoraux. Malgré l'inclusion graduelle des femmes dans la politique en Haïti, celles-ci sont toujours perçues selon les stéréotypes traditionnels présents à leur égard et elles ne se voient pas souvent accorder la parole. Cette présence des femmes sur le plan politique est donc minimisée pour laisser l'espace aux hommes majoritairement. Elles n'arrivent pas à prendre place dans ce domaine, car cela va à l'encontre des rôles attribués aux femmes haïtiennes; en outre, elles sont jugées lorsqu'elles le font. Il s’agit donc d'un rapport de pouvoir inégalitaire installé par les comportements attendus selon le sexe.
Malgré les progrès significatifs et bien qu’il n’y ait plus de politiques manifestement discriminatoires, les lois le demeurent et l’accès à la justice semble toujours limité pour les femmes. Pour des raisons culturelles et sociologiques, les femmes demeurent les plus pauvres, les moins alphabétisées et les moins exposées à l’information. Elles sont donc plus vulnérables, entre autres à la violence, et plus susceptibles de voir leurs droits, pourtant garantis par la Constitution, ne pas être respectés.