Mouka est un espace documentaire sur le genre et les droits des femmes haïtiennes

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Après la grande mobilisation féministe suivant le départ des Duvalier, de nombreuses militantes, convaincues de la nécessité d’investir les espaces décisionnels de l’État, ont travaillé à la création du ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF) en 1994. Entretien avec la première titulaire du ministère, Lise Marie Déjean.
Les programmes visant la réduction de la mortalité maternelle ont donné peu de résultats probants en Haïti. Au cœur de ceux-ci, une stratégie d’intervention axée sur la hausse des accouchements en milieu institutionnel où la naturalisation des hiérarchies raciales et sociales reproduit les relations de domination de l’héritage colonial.
La vie en Haïti, comme dans plusieurs pays, est structurée à l’avantage des hommes à plusieurs égards, que ce soit dans la distribution de la pauvreté, du travail ou des autres conditions matérielles de la vie des femmes. Cadres sociodémographique, socioéconomique et sociopolitique.
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Publications en vedette

Merlet, Myriam (2002)

L'auteure traite de l’utilisation des croyances religieuses dans l’appropriation du corps des femmes. Elle aborde l’enjeu de l’avortement qui demeure un tabou, la société haïtienne le percevant comme une menace envers le rôle traditionnel des femmes à l’intérieur de la famille. La dimension religieuse fait en sorte que la dépénalisation de l’avortement suscite des débats même parmi les personnes luttant pour les droits humains. Selon l’auteure, il faut cesser de criminaliser les femmes pour un choix législatif sur lequel elles n’ont aucune voix et plutôt penser à leur santé.

Sainvil, Julien (2010)

Pour analyser le mouvement féministe haïtien et le contexte de crise dans lequel il s’inscrit, l’auteur expose la situation des femmes, des organisations féministes et la relation de celles-ci avec les autres acteurs politiques ou financiers. Il conclut que la crise actuelle du militantisme découle d’un éloignement des réalités des femmes haïtiennes et du manque d'harmonie au sein des organisations, ce qui affecte l’application de leurs revendications et l'efficacité de leurs actions.

Rahill, Guitele J., Joshi, Manisha, Galea, Jerome, Ollis, Jenifer (2019)

Cette étude a créé des groupes de discussion avec des personnes habitant le bidonville de Cité Soleil en Haïti et dont le sexe attribué à la naissance ne correspondait pas à leur identité de genre : il s'agit d'hommes et de femmes transgenres. L'expression du genre s'est révélée en conflit avec les normes du milieu. On a même évoqué des agressions sexuelles récurrentes et humiliantes. Ces dernières sont intentionnellement préjudiciables et augmentent pour les répondant·es le risque de contracter le VIH. Le manque de confidentialité et la stigmatisation entravent aussi d'ailleurs l'accès aux ressources liées au VIH.

Collectif Haïti Égalité (2010)

Les questions liées aux femmes et à l'égalité des sexes brillaient par leur absence lors de la Conférence internationale des donateurs pour Haïti tenue en 2010 et au cours de laquelle des milliards de dollars étaient promis pour financer la reconstruction. Le plan d'action national d'Haïti, qui définit les orientations à suivre en matière d'efforts de reconstruction et d'allocation des ressources, s'est basé sur l'évaluation conjointe des besoins post-séisme (PDNA) qui n'intègre pas la dimension de genre aux stratégies proposées. Des organisations féministes internationales organisaient donc leur propre conférence au cours de laquelle elles lançaient un Rapport parallèle en matière d'égalité hommes-femmes qui analyse et répond au PDNA avec la question de genre en toile de fond.

Kelly, Liam D., Deaton, B. James, Amegashie, J. Atsu (2019)

En Haïti, les deux principales voies vers la propriété foncière sont l'achat de terres et l'héritage. En matière d'héritage de biens immobiliers, la loi successorale traite les filles et les fils de manière égale. Malgré ceci, les femmes sont relativement moins sûres que les hommes de conserver leurs terres héritées. En revanche, les hommes et les femmes partagent les mêmes perceptions de la sécurité foncière sur des terres achetées. Les différences entre eux se retrouvent surtout sur le plan des activités de conservation : plantation d'arbres, jachère et terrassement. Les femmes sont moins susceptibles d'y investir sur leurs terres héritées.