Mouka est un espace documentaire sur le genre et les droits des femmes haïtiennes

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Après la grande mobilisation féministe suivant le départ des Duvalier, de nombreuses militantes, convaincues de la nécessité d’investir les espaces décisionnels de l’État, ont travaillé à la création du ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF) en 1994. Entretien avec la première titulaire du ministère, Lise Marie Déjean.
Les programmes visant la réduction de la mortalité maternelle ont donné peu de résultats probants en Haïti. Au cœur de ceux-ci, une stratégie d’intervention axée sur la hausse des accouchements en milieu institutionnel où la naturalisation des hiérarchies raciales et sociales reproduit les relations de domination de l’héritage colonial.
La vie en Haïti, comme dans plusieurs pays, est structurée à l’avantage des hommes à plusieurs égards, que ce soit dans la distribution de la pauvreté, du travail ou des autres conditions matérielles de la vie des femmes. Cadres sociodémographique, socioéconomique et sociopolitique.
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Publications en vedette

Komite Negosyasyon Ògasizasyon Fanm ak Palmantè (1998)

L’Assemblée des organisations de femmes du 22 mars 1998 créait un comité pour modifier des lois qui ne sont pas formulées dans le meilleur intérêt des femmes haïtiennes. Les négociations ont permis de soumettre au Parlement des changements pour une plus grande réglementation quant au viol, une dépénalisation de l’avortement et de l’adultère et la révision du statut et des conditions de travail des travailleuses domestiques. On explique ici les positions du comité sur ces points et les changements à apporter aux lois actuelles.

Emery, Maggie, Shaw, Megan, Santosa, Lisa, Bird, Olivia (2011)

En janvier 2010, un tremblement de terre a ravagé la zone entourant la capitale haïtienne, Port-au-Prince : 2,3 millions de personnes ont été déplacées et ont vécu dans 1 300 camps de fortune. Ceux-ci ont un nombre de douches et de toilettes publiques limité et manquent d'éclairage et d'assainissement. Ces conditions de vie exacerbent les risques déjà élevés de violence sexuelle. Malheureusement, aucune statistique officielle n'existe sur les taux de viol dans ces camps de déplacé·es même si une étude de l'Université du Michigan estime que 3 % de la population féminine haïtienne y a subi des violences sexuelles. Cet article postule qu'une implication de ces femmes haïtiennes dans la planification et la mise en œuvre des projets d'organisations non gouvernementales (ONG) ainsi que la formation de brigades de sécurité autonomes permettraient de les protéger de ces violences sexuelles.

 

Magloire, Danièle (2003)

Malgré des prises de position de l’État pour l’amélioration de la condition des femmes, les actions en faveur de cette cause sont insuffisantes et parfois instrumentalisées. Les inégalités entre les hommes et les femmes demeurent omniprésentes dans la société haïtienne. Survol des origines du mouvement des femmes en Haïti, de sa composition, de son discours ainsi que des enjeux actuels et futurs.

Caple James, Erica (2008)

Depuis son indépendance, Haïti souffre de multiples crises politiques, économiques et environnementales. La transition vers la démocratie s'avère difficile puisque la gestion du développement est effectuée par l’aide internationale. Celle-ci nécessite une ouverture de l’économie haïtienne à l’exploitation du travail et des ressources via l’emprunt d’argent. Le profit de ces efforts de développement n'est pas investi dans le pays. Il enrichit plutôt les élites mondiales. De plus, les crises au niveau politique causent l’arrêt de l’aide internationale. La société haïtienne est hantée par un passé violent, qui génère une ambiance d’insécurité, ce qui rend complexe la mise en place d’une transition démocratique pourtant demandée par l’aide internationale.

Charles, Ketleine (2018)

Au cours du XXe siècle, plusieurs revendications féministes telles que la liberté d’expression, d’association, d’être candidate, d'être élue et d’effectuer des fonctions politiques prennent de plus en plus d'importance. En 1950, les femmes haïtiennes obtiennent le droit de vote et le droit de se présenter aux élections. Cependant, elles ne peuvent toujours pas participer à la politique nationale au même degré que les hommes et ce, malgré l’adoption du principe de quota qui vise l'obtention d'une représentation égale des sexes au niveau politique. L’auteure établit qu’il s’agit d’une mesure insuffisante dans un contexte où la structure de la politique haïtienne discrimine toujours les femmes. Elle propose trois solutions dont de l’aide afin d'accroître la présence des femmes, la remise en question des préjugés sexistes et de la domination masculine ainsi que des mesures pour augmenter le leadership des femmes.