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Cette étude porte sur les expériences qu'ont les femmes du pouvoir dans la sphère politique haïtienne (1946 à 1990), là où les hommes ont toujours de facto détenu le pouvoir. Or les femmes haïtiennes sont de plus en plus instruites et ne veulent plus accepter le statu quo. Dix femmes ont été interrogées dans le cadre de cette recherche, parmi les plus hautes personnalités politiques nationales : une cheffe d'État, cinq ministres, une sénatrice et trois mairesses. Malgré le ton aigre-doux de leur relation avec les hommes, elles ont affirmé participer pleinement aux affaires du pays et croient avoir exercé à la fois pouvoir et contrôle.
À partir d’un cas clinique, on analyse les grossesses nerveuses, les pedisyòn en créole, chez les femmes haïtiennes, leurs liens avec les croyances religieuses et socioculturelles et les clivages qu’elles créent dans la psyché. Mystérieuses, ces grossesses sont à la fois un impératif et un miracle permettant à une femme de remplir son rôle de procréatrice, alors que l’infertilité est une malédiction dans la culture haïtienne. On met aussi en lumière trois aspects des pedisyòn, soit la souffrance psychique réelle, le désir d’enfant et les bénéfices que pourraient en dégager une femme. Les entretiens avec la patiente étaient orientés autour des impacts de croyances culturelles et religieuses et de comment le corps semble servir d’appui à la projection d’une souffrance.
Bien que le tremblement de terre de 2010 ait mis en lumière la pauvreté inconcevable d'Haïti, la lutte pour son développement économique y est bien antérieure. Un des problèmes est le niveau élevé d'inégalité entre les sexes. Ce texte donne un bref aperçu du développement économique d'Haïti au cours des dernières décennies, de la situation des droits des femmes ainsi que des résultats socioéconomiques différenciés selon le sexe. Il aborde les façons dont la négligence politique au sujet de l'égalité entre les sexes a contribué à l'échec du développement économique dans le passé. Enfin, il élabore des moyens par lesquels d'autres pays en développement ont réussi à intégrer l'équité entre les sexes dans leur stratégie de développement, en particulier face aux catastrophes naturelles et aux crises financières.
Bon nombre des problèmes socioéconomiques clés auxquels les pays des Caraïbes sont confrontés aujourd'hui ont une dimension sexospécifique. Ils incluent la criminalité et la violence, les problèmes de santé reproductive et sexuelle, le faible niveau d'éducation, la structure familiale instable, la pauvreté et les inégalités. Par exemple, la violence domestique est répandue dans la sous-région des Caraïbes et implique, pour la plupart, des hommes comme agresseurs et des femmes comme victimes. Le comportement agressif a été lié à l'incapacité des hommes (en particulier ceux à faible revenu) à répondre aux attentes de la société en matière de réalisation et de subsistance de la famille, ainsi qu'à des modèles de socialisation qui apprennent aux garçons à dominer et aux filles à être soumises.
En dépit d’une féminisation de la population étudiante, notamment dans les universités privées haïtiennes au cours des 20 dernières années, le corps académique et administratif reste profondément marqué par une ségrégation sexiste. En se basant sur les modèles développés par Marry et Le Feuvre, on soutient que ce déséquilibre a un fondement sociohistorique qui se manifeste à travers la représentation sociale du genre et les modes de fonctionnement organisationnel. L’enjeu demeure une université haïtienne ancrée dans un dirigisme masculin en absence de toute ouverture à une réforme centrée sur des valeurs d’inclusion, de diversité et d’égalité. En revanche, la présence significative des femmes dans des postes de carrière à l’université servirait de modèle pour les plus jeunes et ouvrirait de nouvelles perspectives académiques à la fois porteuses d’opportunités et favorables à une société inclusive, juste et égalitaire.