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Bien qu’il soit difficile de situer exactement le début du mouvement féministe haïtien, on relève certains événements marquants dans son histoire, soit l'occupation militaire américaine et la création de la Ligue féminine d’action sociale en 1934. Ce mouvement a permis de nombreuses avancées dont le droit de vote pour les femmes, la mise en place d’une politique d’égalité, la création d’une loi criminalisant le viol, la ratification de la Convention de Belém Do Pará et l’adoption d’un plan de lutte contre la violence faite aux femmes.
Cette conférence-débat sur la participation des femmes dans la reconstruction post-séisme fait ressortir le fait que, bien qu'elles soient importantes dans l’économie nationale, notamment dans le secteur de l’éducation, elles sont trop souvent marginalisées. Il serait donc capital de les outiller afin qu’elles puissent participer à la reconstruction et orienter les plans en fonction de leurs besoins, d’autant plus qu’une résolution adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU exige leur pleine participation. Victimes de discrimination et d’exclusion, leur participation s’est avérée peu reconnue puisqu’elles sont davantage présentes dans le secteur non institutionnalisé. Dans le cadre de la reconstruction, la reconduction des stéréotypes les a laissées d’autant plus vulnérables.
On présente ici les avancées des féministes haïtiennes après plus de 25 ans de lutte contre les violences faites aux femmes. Les femmes haïtiennes ont grandement participé à l’indépendance de leur nation sans se voir attribuer les mêmes droits que les hommes. Elles ont lutté pour l'amélioration de la condition féminine en dénonçant les violences faites aux femmes. Malgré certains gains, l’État continue à échouer dans son application de politiques efficaces et dans l'investissement de ressources financières suffisantes en matière de violences faites aux femmes.
Écrite par des hommes et décrite comme un processus masculin, la période révolutionnaire à Saint-Domingue n’a pas été racontée de manière inclusive. L’auteure s’est donné comme objectif de raviver la participation, la contribution et la collaboration féminines. Les actions des femmes n’ayant été que peu abordées par les historien.nes, il en résulte une image tronquée des femmes lors de cette période. On cherche ici à pallier cette vision erronée de la réalité.
La place des femmes en Haïti ne peut être mieux racontée que par une femme haïtienne. Âgée de 55 ans et vivant seule dans une baraque de 4 m x 4 m à la Saline, Germaine raconte son histoire. Elle partage la situation d’au moins 2 000 000 d’Haïtiennes qui vivent en contexte d’extrême pauvreté au sein des zones marginales urbaines et rurales du pays. Ce récit offre une meilleure connaissance de la réalité des Haïtiennes et devrait aider à engendrer des projets répondant aux besoins de la majorité des femmes au sein des secteurs les plus pauvres.