Mouka est un espace documentaire sur le genre et les droits des femmes haïtiennes

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Après la grande mobilisation féministe suivant le départ des Duvalier, de nombreuses militantes, convaincues de la nécessité d’investir les espaces décisionnels de l’État, ont travaillé à la création du ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF) en 1994. Entretien avec la première titulaire du ministère, Lise Marie Déjean.
Les programmes visant la réduction de la mortalité maternelle ont donné peu de résultats probants en Haïti. Au cœur de ceux-ci, une stratégie d’intervention axée sur la hausse des accouchements en milieu institutionnel où la naturalisation des hiérarchies raciales et sociales reproduit les relations de domination de l’héritage colonial.
La vie en Haïti, comme dans plusieurs pays, est structurée à l’avantage des hommes à plusieurs égards, que ce soit dans la distribution de la pauvreté, du travail ou des autres conditions matérielles de la vie des femmes. Cadres sociodémographique, socioéconomique et sociopolitique.
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Publications en vedette

Alexis, Darline (2018)

L'art est une forme de modèle social où le monde se construit autour de ses représentations. Les récits de Chauvet et de Trouillot sont des journaux intimes fictifs utilisés pour présenter au public des sujets tabous ou privés tels que la place et la parole des femmes, le couple, la maternité et la sexualité féminine. Ces œuvres littéraires haïtiennes sont des outils politiques qui témoignent de réalités sociales comme les préjugés et les valeurs qui freinent le développement personnel de ces femmes. Les personnages cherchent à s’épanouir en dénonçant les modèles dominants dans l'organisation de la société, ce qui met en lumière les inégalités afin de pouvoir ensuite revendiquer des changements.

Dehoux, L. et Ligue Internationale des Femmes (1933)

Ce document est composé d'une lettre de la Ligue internationale des femmes demandant la destruction de l'accord américano-haïtien du 7 août 1933, qui perpétuait le contrôle américain sur les finances d'Haïti, ainsi que d'une critique du même accord rédigée par le député L. Dehoux. Celui-ci proteste contre l'occupation américaine et analyse le principe de l'accord, argumentant qu'il s'agit en fait du même Traité qui avait été rejeté par l'Assemblée nationale en 1932. Dehoux souligne que la signature de cet accord par le pouvoir exécutif va à l'encontre de la volonté du peuple et qu'il doit être soumis au pouvoir législatif, avant de pointer du doigt les injustices qu'il reproduit.

World Bank (2023)

Ce document dresse un portrait alarmant des violences basées sur le genre (VBG) en Haïti. Malgré une présence féminine marquée dans l’économie, notamment dans le commerce informel, les femmes et les filles font face à de graves discriminations et à des violences physiques, sexuelles et psychologiques. En effet, environ 26% des femmes auraient subi des violences de la part d’un partenaire intime, et près de 15% ont été mariées avant d’avoir 18 ans. Les facteurs aggravants incluent l’extrême pauvreté, les catastrophes naturelles, l’impunité des agresseurs, l’accès limité aux services de santé, de justice et de soutien psychologique, ainsi que des normes patriarcales persistantes. Le cadre légal haïtien est obsolète, malgré quelques réformes récentes, et son application reste très limitée.

Le document souligne l’importance d’approches communautaires, d’une meilleure coordination interinstitutionnelle, d’une collecte de données fiable et de l’implication active de la société civile. Des initiatives prometteuses comme la méthode SASA! et l’usage d’outils numériques sont mentionnées comme bonnes pratiques. Toutefois, sans engagement politique fort et ressources adéquates, la lutte contre les VBG en Haïti demeure un immense défi.

Magloire Chancy, Adeline (2013)

Haïti fait partie des pays signataires de deux conventions internationales fondamentales qui cherchent à abolir les discriminations et les violences faites aux femmes. Cependant, ces conventions n’obligent pas la production de rapports. On insiste ici sur l’importance de ces suivis pour vérifier l'efficacité des politiques mises en place par l’État, mais aussi pour établir une collaboration avec les organisations non gouvernementales.

Gage, Anastasia J. (2005)

Cette étude porte sur les caractéristiques individuelles, partenariales et communautaires associées à la violence entre partenaires intimes chez les femmes haïtiennes en âge de procréer. De l’échantillon, 29 % des femmes ont subi une forme de violence conjugale, 13 % en ayant subi au moins deux différentes. Des associations positives significatives avec toutes les formes de violence ont été trouvées pour le non-achèvement de l'école primaire, les antécédents d'exposition à la violence dans les familles d'origine des femmes, la jalousie du partenaire, le besoin de contrôle et des antécédents d'ivresse. Même lien entre la violence physique des hommes et des enfants au niveau communautaire et le risque pour les femmes de subir des violences émotionnelles et physiques. La pauvreté du quartier et le chômage des hommes, le nombre d'enfants vivant à la maison, l'acceptation par les femmes de la violence conjugale et la prise de décisions financières dominées par les hommes sont d'autres facteurs de risque de violence, notamment sexuelle. L'indépendance économique des femmes est un facteur de protection contre la violence émotionnelle et physique tandis que la qualité des relations représente un facteur de protection de toutes les formes de violence et des victimisations multiples.