Mouka est un espace documentaire sur le genre et les droits des femmes haïtiennes

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Après la grande mobilisation féministe suivant le départ des Duvalier, de nombreuses militantes, convaincues de la nécessité d’investir les espaces décisionnels de l’État, ont travaillé à la création du ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF) en 1994. Entretien avec la première titulaire du ministère, Lise Marie Déjean.
Les programmes visant la réduction de la mortalité maternelle ont donné peu de résultats probants en Haïti. Au cœur de ceux-ci, une stratégie d’intervention axée sur la hausse des accouchements en milieu institutionnel où la naturalisation des hiérarchies raciales et sociales reproduit les relations de domination de l’héritage colonial.
La vie en Haïti, comme dans plusieurs pays, est structurée à l’avantage des hommes à plusieurs égards, que ce soit dans la distribution de la pauvreté, du travail ou des autres conditions matérielles de la vie des femmes. Cadres sociodémographique, socioéconomique et sociopolitique.
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Publications en vedette

Doura, Fred (2018)

Les femmes occupent une place centrale dans l'économie sociale et solidaire en Haïti. Se basant sur des données probantes, l’article montre que leur rôle est incontournable dans l'industrie de l'agriculture et des services, aussi bien que dans l'éducation et la prise en charge des familles. Il faut combattre la marginalisation des femmes haïtiennes – reléguées entre autres à la prostitution, à la domesticité et à l'informel – et réclamer leur droit à l'éducation et à la prise en charge.

Sincimat Fleurant, Rose Esther (2019)

Malgré les efforts déjà fournis pour une meilleure égalité de genre dans l’enseignement, le nombre inférieur de filles dans l’éducation supérieure reproduit les inégalités. On suggère ici des actions à prendre afin de favoriser une plus grande inclusion des femmes. Le système scolaire étant un lieu de reproduction sociale des rôles des femmes et des hommes, on pourrait déconstruire le sexisme à l’intérieur de l'institution elle-même en faisant la promotion d’un modèle égalitaire.

Martel, Andréanne (2011)

En créole, l’expression kanpe signifie « se tenir debout ». C’est ce que fait continuellement le mouvement féministe haïtien. On montre ici la volonté des féministes participer à la reconstruction du pays après le séisme de janvier 2010, et ce, en relation avec l’aide internationale. Les féministes haïtiennes doivent affronter l’imposition des idées de ces organisations au détriment de leurs propres projets. Au niveau national, elles tentent de faire reconnaître les actions persistantes des femmes dans l’histoire haïtienne comme leur lutte pour la construction démocratique du pays.

Let Haiti Live Women’s Rights Delegation (2005)

Dans un climat d'insécurité profonde et d'escalade de la violence, les femmes haïtiennes, piliers de la société et de l'économie, sont confrontées à plusieurs défis. Bien qu'elles soutiennent l'économie et les familles de tout le pays, elles occupent une position sociale inférieure. Sous le régime du premier ministre Gérard Latortue, soutenu par les États-Unis, les femmes se trouvent confrontées à une période caractérisée par des violences aléatoires dans les quartiers pauvres ainsi qu'à une campagne de terreur ayant recours au viol, au meurtre et à la disparition. L'insécurité augmente donc rapidement et sape l'activité économique du secteur informel.

Jean-Baptiste, Murielle (2006)

La montée du protestantisme dans la société haïtienne s’avère un phénomène socioculturel qu’il importe d’analyser en lien avec les choix des femmes en matière de contraception et de procréation. En effet, alors que les églises protestantes s’opposent aux moyens contraceptifs, les autorités haïtiennes ont entrepris une campagne visant à réduire la fécondité des familles. Toutefois, les églises protestantes sont divisées entre la tradition libérale liée à la pratique baptiste, et la tradition conservatrice liée à la pratique pentecôtiste. Au travers d’entrevues avec des femmes pratiquantes, l’auteure vérifie si, malgré la forte présence d’informations sur les moyens de contraception, les églises baptistes ou pentecôtistes ont influencé les pratiques et les choix des femmes en matière de fécondité.