De nombreuses théories expliquent l’importance du travail domestique pour les communautés locales ainsi que les relations d’interdépendance avec l’État, les entreprises ainsi que l’unité du ménage. En plus de son utilité dans la sphère privée, ce travail domestique permet le fonctionnement de la macro-économie nationale et transnationale. Toutefois, ce travail est foncièrement féminisé, généralement exclu dans les comptes nationaux et souvent mal perçu socialement.
Face à cette problématique, nous nous sommes questionnées sur la valeur économique du travail, et si, le partage inégal de ce dernier représentait un obstacle au bien-être des femmes et des filles. Par anticipation, nous supposons que le travail domestique inégal représente un obstacle au bien-être des femmes en limitant leur choix et leur temps. En nous servant de la littérature existante, l’objectif est d’évaluer la contribution économique du travail domestique des femmes Haïtiennes ainsi que d’estimer l’augmentation matérielle des biens et des services créés par l’entremise de ces activités domestiques.
Ainsi, nous avons effectué des focus-groupes et des entretiens individuels avec 30 femmes issues des organisations de femmes majoritairement et autres communautés. De cette population, nous avons sélectionné un échantillon de 24 personnes pour administrer un questionnaire pour une enquête quantitative qui nous a permis de collecter des données essentielles à nos questions de recherche. Après traitement et analyse de données en utilisant les logiciels statistiques Excel et R, nous avons trouvé que le temps passé par les femmes et les filles pour effectuer les travaux de soins est généralement le double de celui, des hommes, toutes catégories confondues. Il n’existait aucune tâche ou les hommes s’adonnaient plus que les femmes. La majorité des interrogées ont admis que le travail domestique impactait leur bien-être et leur santé mentale et qu’une meilleure répartition leur permettrait de rentrer sur le marché du travail, étendre leur commerce, booster la formation de leur capital humain, etc.. Nous avons aussi démontré que le travail domestique stimule la consommation et représente une valeur ajoutée pour le ménage.